La colère gronde dans les lycées. Nous vivons un mouvement historique de la jeunesse. Cette colère est légitime. Le manque de professeurs titulaires conduit à une explosion des absences non remplacées. Les jours d’absence longue non remplacés ont presque doublé en cinq ans dans le second degré. Les bâtiments sont souvent délabrés : présence d’amiante, absence de chauffage, des salles de classe dépassant les 35 °C lors des canicules. Enfin, élèves et familles sont sous une pression permanente pour leur orientation dès la 3e.
Le gouvernement n’a jusqu’à maintenant répondu que par une répression sans précédent, avec plus de 6 877 gardes à vue, un triste record ! Les maigres annonces du ministre de l’Éducation nationale sont très largement insuffisantes.
Une des revendications des lycéens est l’abrogation de Parcoursup. Cette plateforme est devenue la plateforme de l’angoisse. Dans mes différents rapports parlementaires, j’ai pu estimer que, chaque année, en moyenne 100 000 lycéens, soit 20 % des néo-bacheliers, ne trouvent pas la formation de leur choix sur Parcoursup. Cette sélection alimente l’explosion du nombre d’étudiants dans le secteur privé (+160 % depuis 2001) et l’émergence du secteur privé lucratif, très largement subventionné par les fonds dédiés à l’apprentissage.
Le ministre de l’Enseignement supérieur estime que cette proposition est démagogique et impossible à mettre en œuvre. C’est faux. À la suite d’une mission parlementaire, j’ai déposé en 2024 une proposition de loi sur l’accès à l’enseignement supérieur.
Il faut entièrement refonder le service public de l’orientation : donner des moyens à l’ONISEP, doubler le nombre de psychologues de l’Éducation nationale, mieux former les professeurs principaux.
Il faut revenir sur la loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants (loi ORE). L’accès à l’enseignement supérieur doit redevenir un droit effectif. Une nouvelle plateforme doit être dédiée aux choix des lycéens pour les seules formations publiques. Elle organiserait l’accès à l’enseignement supérieur selon le principe de la sectorisation. Chaque lycéen serait a minima inscrit de droit dans la filière de son choix à proximité de son lieu d’obtention du baccalauréat ou de son lieu de résidence.
Il faut rendre l’université gratuite en supprimant les frais d’inscription pour tous les étudiants, y compris pour les étrangers extracommunautaires, et donc abroger le programme mal nommé « Bienvenue en France ».
Enfin, il faut recruter 10 000 enseignants-chercheurs à l’horizon 2030, titulariser tous les précaires et faciliter l’accès aux concours pour les vacataires, exploités dans nos universités.
Faire le pari du savoir et faire le pari du service public, cela a un coût. Mais de l’argent, il y en a. Les aides à l’apprentissage dans le supérieur coûtent 8 Md€ au budget de l’État et alimentent le chiffre d’affaires et les bénéfices de grands groupes comme Galileo Global Education. Le crédit d’impôt recherche (CIR) coûtera 7,4 Md€ en 2027, sans aucune augmentation des dépenses en R&D privée depuis des années. Pour le seul groupe Sanofi, cela a représenté entre 2014 et 2023 plus d’un milliard d’euros, avec à la clé des plans massifs de licenciement et 4,8 Md€ de dividendes versés à ses actionnaires en 2025…
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